L'héritage et la controverse du prix Nobel Luc Montagnier

Le décès du prix Nobel Luc Montagnier suscite des réflexions sur ses contributions à la science et son implication controversée dans des courants pseudo-scientifiques, soulignant la complexité de l'héritage scientifique et la nécessité d'une évaluation critique des découvertes scientifiques.

Septembre 2022

Le scientifique français Luc Montagnier , prix Nobel de médecine 2008 pour sa découverte conjointe du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), est décédé à l’âge de 89 ans, comme l’a confirmé le 10 février la maire de la banlieue parisienne où il était hospitalisé.

Montagnier est décédé à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, a indiqué le maire, Jean-Christophe Fromantin, confirmant une information publiée par le journal local Francesoir.

Sa figure était entourée de controverses. En fait, le scientifique a vu son prestige diminuer au cours des dernières années de sa vie en raison de son adhésion à de nombreux courants pseudo-scientifiques.

Il avait récemment adhéré à la théorie selon laquelle le virus SARS-CoV-2, responsable du COVID-19, aurait été conçu par l’homme en laboratoire et contiendrait certains gènes du VIH-1. Il a également critiqué les vaccins contre la COVID-19, dont l’efficacité et la sécurité ont déjà été testées sur des milliards de personnes dans le monde.

Comme le rapporte le journal El País, un an après avoir remporté le prix Nobel, le chercheur avait soutenu (sans preuve) que l’eau pouvait mémoriser les supposées ondes électromagnétiques émises par l’ADN des virus et des bactéries. Montagnier avait également suggéré de manger de la papaye fermentée contre la maladie de Parkinson.

La virologue française Françoise Barré-Sinoussi, codécouvreuse du VIH et prix Nobel avec Montagnier, avait refusé de commenter son collègue dans une interview en 2017. « Je ne vais pas parler de Montagnier. Je ne parle pas de lui. Il est libre de dire ce qu’il veut », a déclaré Françoise Barré-Sinoussi.

La même année, plus d’une centaine d’universitaires français des sciences et de la médecine se sont rebellés contre Montagnier, après qu’il ait affirmé que les vaccins « empoisonnaient » les enfants. "Nous ne pouvons pas accepter qu’un de nos confrères utilise son prix Nobel pour diffuser, hors de son champ de compétence, des messages dangereux pour la santé, au mépris de l’éthique qui devrait régir la science et la médecine", avaient écrit les professeurs dans une lettre ouverte. .