De la perception visuelle à l’attrait esthétique : réponses cérébrales à des films de paysages naturels esthétiquement attrayants.
Résumé Lors d’expériences visuelles esthétiquement attrayantes, le contenu visuel fournit une base pour le calcul de représentations affectivement colorées de la valeur esthétique. La manière dont cela se produit dans le cerveau reste largement inexplorée. À l’aide de clips vidéo attrayants de paysages naturels, nous avons vérifié si les régions corticales qui répondent aux aspects perceptuels d’un environnement (par exemple, la disposition spatiale, le contenu des objets et le mouvement) étaient directement modulées par l’attrait esthétique évalué. Vingt-quatre participants ont regardé une série de vidéos de paysages naturels tout en étant numérisés à l’aide de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) et ont rapporté à la fois des évaluations continues de plaisir (pendant les vidéos) et des jugements esthétiques généraux (après chaque vidéo). Bien que les vidéos de paysage impliquaient une plus grande étendue de cortex visuel de haut niveau par rapport à celle observée pour les images de paysage, les régions visuelles sélectives de catégorie localisées indépendamment (par exemple, la zone parahippocampique sélective de la scène et la sélection du mouvement hMT +) n’étaient pas modulées de manière significative par l’attrait esthétique. Au contraire, une analyse du cerveau entier a révélé des modulations par attrait esthétique dans les groupes ventral (sillon collatéral) et latéral (sillon occipital moyen, gyrus temporal moyen postérieur) qui étaient adjacents aux régions sélectives de scène et de mouvement. Ces résultats suggèrent que l’attrait esthétique en soi n’est pas représenté dans les régions bien caractérisées du cortex visuel qui sélectionnent les caractéristiques et les catégories. Nous proposons plutôt que les activations observées reflètent une transformation locale d’une représentation visuelle basée sur des caractéristiques vers une représentation « d’affect élémentaire », calculée par des mécanismes de traitement de l’information qui détectent les écarts par rapport aux attentes d’un observateur. De plus, nous avons trouvé une modulation par attrait esthétique dans les structures de récompense sous-corticales, mais pas dans les régions du réseau en mode par défaut (DMN) ou du cortex orbitofrontal, et seulement de faibles preuves de changements associés dans la connectivité fonctionnelle. Contrairement à d’autres domaines de l’esthétique visuelle, les interactions esthétiquement attrayantes avec les paysages naturels peuvent reposer davantage sur des comparaisons entre une stimulation continue et des représentations bien formées du monde naturel, et moins sur des processus descendants visant à résoudre les ambiguïtés ou à évaluer la pertinence personnelle. |
Comment une vision de la nature acquiert-elle son éclat de beauté ?
Nous savons que la vue de beaux paysages active les systèmes de récompense du cerveau. Mais comment le cerveau transforme-t-il les signaux visuels en signaux esthétiques ? Pourquoi percevons-nous la vue d’une montagne ou le passage des nuages comme quelque chose de beau ? Une équipe de recherche de l’Institut Max Planck d’esthétique empirique s’est penchée sur cette question et a étudié comment notre cerveau passe de la simple vision d’un paysage à la perception de son impact esthétique.
Dans leur étude, l’équipe de recherche a présenté des vidéos de paysages artistiques à 24 participants. À l’aide de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), ils ont mesuré l’activité cérébrale des participants pendant qu’ils regardaient et évaluaient les vidéos. Leurs découvertes viennent d’être publiées dans la revue en libre accès Frontiers in Human Neuroscience. Le premier auteur A. Ilkay Isik résume :
"Nous nous attendions à ce que les signaux esthétiques soient limités aux systèmes de récompense du cerveau, mais étonnamment, nous les avons trouvés déjà présents dans les zones visuelles du cerveau pendant que les participants regardaient les vidéos. Les activations se sont produites juste à côté du cerveau. régions affichées en reconnaissant des caractéristiques physiques dans les films, telles que la disposition d’une scène ou la présence de mouvement.
L’auteur principal, Edward Vessel, suggère que ces signaux peuvent refléter une forme précoce et élémentaire de perception de la beauté :
"Lorsque nous voyons quelque chose au-delà de nos attentes, des zones locales de tissu cérébral génèrent de petits "atomes" d’ affect positif . La combinaison de plusieurs de ces signaux surprises dans le système visuel s’additionne pour créer une expérience esthétiquement attrayante."
Grâce à ces nouvelles connaissances, l’étude contribue non seulement à notre compréhension de la beauté, mais peut également aider à clarifier comment les interactions avec l’environnement naturel peuvent affecter notre sentiment de bien-être. Les résultats pourraient avoir des applications potentielles dans divers domaines où le lien entre perception et émotion est important, tels que les soins de santé cliniques et l’intelligence artificielle.